Liu
Administrator
Licencié
  
Posts: 141
|
 |
« on: 06 October, 2009, 12:06:30 PM » |
|
但願人長久 est un très vieux poème, écrit par 蘇轼 (1037-1101). De nos jours, il est chanté par de nombreuses stars de la chanson en Asie, mais je suis curieuse de comprendre son texte. On peut tenter de partager nos versions ici.  明月幾時有 把酒問青天 不知天上宮闕 今夕是何年 我欲乘風歸去 唯恐瓊樓玉宇 高處不勝寒 起舞弄清影 何似在人間 轉朱閣低綺戶照無眠 不應有恨何事長向別時圓 人有悲歡離合 月有陰晴圓缺 此事古難全 但願人長久 千里共嬋娟 我欲乘風歸去 唯恐瓊樓玉宇 高處不勝寒 起舞弄清影 何似在人間 轉朱閣低綺戶照無眠 不應有恨何事長向別時圓 人有悲歡離合 月有陰晴圓缺 此事古難全 但願人長久 千里共嬋娟
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
|
fougere
|
 |
« Reply #1 on: 09 October, 2009, 22:51:57 PM » |
|
salut Liu, As-tu pensé ou entendu parler de ce poème à la fête de lune ? Cela ne m'étonne pas. Il est très connu, je me permets d'utiliser cette expression chinoise : 妇孺皆知(même les femmes et les enfants le connaissent). je fais un brouillon sur le pinyin et le vocabulaire ci-dessous. D'ailleurs, tu as recopié deux fois les derniers strophes. j'ai enlevé la parie répétée.
水调歌头 . 明月幾时有
明月幾時有 把酒問青天 ming yue ji shi you, ba jiu wen qing tian lune claire / quand ou combien de fois / avoir --tenir l'alcool / demander le ciel bleu foncé 不知天上宮闕 今夕是何年 bu zhi tian shang gong que, jin xi shi he nian ne pas savoir / palais céleste/ ce soir / être / quelle année 我欲乘風歸去 唯恐瓊樓玉宇 wo yu cheng feng gui qu, wei kong qing lou yu yu je veux / prendre / le vent / partir --mais / craindre / pavillon et maison en jade 高處不勝寒 起舞弄清影 何似在人間 gao chu bu sheng han, qi wu nong qing ying, he si zai ren jian haut endroit / très froid--danser / faire danser l'ombre / pas comme dans le monde d'hommes 轉朱閣低綺戶照無眠 zhuan zhu ge di qi hu zhao wu mian tourner / vers la maison rouge (= riche)/ descendre / vers des fenêtres beaux / éclaire / l'insomnie 不應有恨何事長向別時圓 bu ying you hen he shi chang xiang bie shi yuan ne pas devoir / rancune, haine / pourquoi/ toujours / période de séparation / ronde (la lune) 人有悲歡離合 月有陰晴圓缺 ren you bei huan li he, yue you yin qing yuan que hommes / avoir la tristesse / la joie / la séparation / la réunion /-- lune / avoir / sombre/ claire/ronde/ croissante 此事古難全 但願人長久 ci shi gu nan quan, dan yua ren chang jiu cette chose / depuis toujours / difficile / être parfaite / --souhaiter / homme / longévité 千里共嬋娟 qian li gong chan juan milles miles / partager/ chan juan (l'allusion de la lune, chan juan est le nom de la déesse qui habite lune )
|
|
|
|
« Last Edit: 17 October, 2009, 15:00:16 PM by fougere »
|
Logged
|
|
|
|
|
Francois
|
 |
« Reply #2 on: 10 October, 2009, 00:11:41 AM » |
|
Allez un essai, le style est un peu anachronique, et ce n'est pas d'une fidélité irréprochable, mais bon...
Combien de fois sous la lune, Une coupe à la main j’interrogeai le firmament Ne sachant pas, dans les palais célestes, quelle année on était Je voulais partir à cheval sur le vent, mais j’avais peur, Des pavillons d’or, des palais de jade Du froid glacial de ces hauts lieux, De ces ombres qui dansent, inhumaines
Tourné vers ce palais, vers ses belles fenêtres, Qui illuminent mon éveil Insensibles, parfois longues, parfois rondes L’homme est joyeux et triste, seul et aimé, La lune est sombre et claire, pleine et nouvelle Rien ne s’accomplit jamais Si seulement la vie était longue A mille lieues, avec Phoebé
|
|
|
|
« Last Edit: 10 October, 2009, 06:48:02 AM by Francois »
|
Logged
|
|
|
|
|
fougere
|
 |
« Reply #3 on: 10 October, 2009, 23:07:50 PM » |
|
Mince ! j'ai fait de longs commentaires, mais la page a sauté, j'ai perdu tout... pas de courage pour recommencer.
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
|
fougere
|
 |
« Reply #4 on: 14 October, 2009, 23:09:29 PM » |
|
Selon un petit texte préliminaire Shu Shi explique : 丙辰中秋,欢饮达旦,大醉,作此篇,兼怀子由, on sais qu’il a écrit ce poème dédié à son frère (zi you) dans un état d’ivresse. N’est-il pas approprié l’usage du temps passé ? Combien de fois sous la lune, l’interprétation plus courante est : depuis quand existe la lune. Une coupe à la main j’interrogeai le firmament Ne sachant pas, dans les palais célestes, quelle année on était Je voulais partir à cheval sur le vent, mais j’avais peur, Des pavillons d’or, des palais de jade je n’aime pas ‘or’, il s’imagine sur la lune, là le pavillon ou le palais (singulier, parce que il suggère le demeure de Chang E, déesse de la lune) doit avoir la couleur pale. Du froid glacial de ces hauts lieux, De ces ombres qui dansent, inhumaines Très jolie phrase, mais est-ce qu’elle est un peu négative ? Le poète a plutôt un sentiment admiratif pour son image de la déesse dansante.
Tourné vers ce palais, vers ses belles fenêtres, A partir de là , le poète est revenu sur terre, la une illumine des belles maisons. Qui illuminent mon éveil . Insensibles, parfois longues, parfois rondes ici, tu as oublié le vers : « Bu ying you hen, he shi chang xiang bie shi yuan, »elle (la lune) devrait pas avoir le rancune ou la haine, pourquoi elle est souvent belle / ronde, quand on vit loin de notre aimé (ici le frère du poète) L’homme est joyeux et triste, seul et aimé, La lune est sombre et claire, pleine et nouvelle Rien ne s’accomplit jamais Si seulement la vie était longue A mille lieues, avec Phoebé, la déesse a changé de nationalité, tu l’as bien trouvée
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
Liu
Administrator
Licencié
  
Posts: 141
|
 |
« Reply #5 on: 16 October, 2009, 14:51:42 PM » |
|
Je reviens bientôt avec ma version. J'ai été trop occupée ces derniers temps. Je vais essayer de ne pas trop m'inspirer du travail de François. Merci à toi Fougere pour toute ton aide !  Liu
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
Liu
Administrator
Licencié
  
Posts: 141
|
 |
« Reply #6 on: 20 October, 2009, 17:29:11 PM » |
|
Et voilà ma petite version  Depuis que la lune habite au firmament, J’ai imploré le ciel de toute mon ivresse, Ignorant l’échelle du temps, dans mon palais céleste. Je voulais chevaucher le vent, mais je tremblais Une maison de jade, un pavillon d’argent, Là-haut, des mânes dansent dans la froidure azurée. Tourné vers cette maison rouge, ses belles fenêtres révèlent mon insomnie. Toujours ronde et belle, la lune n’éprouve ni rancœur, ni haine, Quand bien même l’être aimé vous manque. Joie et tristesse des hommes, amour et désunion, Rond ou croissant de lune, sombre et clair. Depuis toujours, rien n’est parfait ou facile, Ah si l’homme pouvait vivre éternellement, A mille lis avec Chan Juan.
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
|
fougere
|
 |
« Reply #7 on: 20 October, 2009, 23:05:39 PM » |
|
Je trouve cette jolie traduction un peu trop de l'interprétation personnelle. Que penses-tu François ? Plus le poème est connu, la traduction est moins facile. Ceux qui connaissent ce poème par coeur ont chacun une interprétation propre, difficile à accepter les autres. Je pense... Depuis que la lune habite au firmament, J’ai imploré le ciel de toute mon ivresse, Ignorant l’échelle du temps, dans mon ( pourquoi "mon"? ) palais céleste. Je voulais chevaucher le vent, mais je tremblais (trop fort, ici le sens est : j'ai un peu peur, je n'ose pas ...) Une maison de jade, un pavillon d’argent, Là-haut, des mânes ( mânes ne correspondent pas l'image de la déesse de la lune, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Chang'e ) dansent dans la froidure azurée. Tourné vers cette maison rouge, ses belles fenêtres révèlent mon insomnie. Toujours ronde et belle, la lune n’éprouve ni rancœur, ni haine, Quand bien même l’être aimé vous manque. Joie et tristesse des hommes, amour et désunion, Rond ou croissant de lune, sombre et clair. Depuis toujours, rien n’est parfait ou facile, Ah si l’homme pouvait vivre éternellement, A mille lis avec Chan Juan. J'aime ces trois derniers vers, mais Chan Juan, si tu le mets en transcription Pinyin, il faut donner une note.
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
Liu
Administrator
Licencié
  
Posts: 141
|
 |
« Reply #8 on: 21 October, 2009, 11:01:46 AM » |
|
Bonjour Fougere, François, Oui, je m'autorise rarement une interprètation personnelle et tu l'as bien décelée !  Cependant, quel plaisir d'enjoliver un peu les mots "crus" de la traduction mot à mot. Peut-être que le français est un langage moins intuitif que le chinois, et qu'il nécessite plus de mots pour exprimer toutes les images que recèle un caractère chinois. Aussi, je n'ai pas effectué moi-même la recherche des mots dans le dictionnaire et, je me suis basée sur ta traduction mot à mot. J'ai eu l'impression de perdre un peu l'essence du poème en "volant" les mots que tu avais traduit, tout comme en lisant la jolie version de François. Je crois que le travail de recherche de traduction des mots constitue pour moi la base de ma version, la première rencontre avec ce que l'auteur a voulu dire. Et j'ai le sentiment de ne pas l'avoir eue puisque je n'ai pas cherché à comprendre/traduire les caractères. Difficile à exprimer par écrit, j'espère que vous me comprenez. Liu
|
|
|
|
|
Logged
|
|
|
|
|